Politiques de la brèche : expérimenter l’autogestion à l’échelle urbaine
Gouvernance partagée et organisation horizontale
Que deviennent les habitudes administratives, les routines de gouvernance, quand la norme n’existe plus ? La plupart des espaces en transition urbaine font le choix d’assemblées ouvertes, de chartes d’usage, de décisions collectives par consentement. À la Halle Tropisme (Montpellier), c’est près de 120 structures qui s’organisent en commissions autogérées, avec un budget annuel de 4,2 millions d’euros, dont plus de la moitié financés par l’économie solidaire, les recettes sur site et le mécénat local (source : rapport d’activité 2022).
Dans ces endroits, la propriété privée cède du terrain à l’usage collectif, la frontière public/privé devient poreuse. Les acteurs : collectifs d’habitants, associations de quartier, réseaux militants, parfois avec l’appui de coopératives (comme Plateau Urbain à Paris ou la SCIC Belle de Mai à Marseille). Le dialogue s’invente, souvent tendu, entre collectivités, bailleurs sociaux et acteurs alternatifs, comme le montre le projet du Village Reille (Paris 14e), qui a expérimenté la cohabitation d’urgence, la mutualisation de jardins et d’ateliers artisanaux dès 2017.