Un terrain mouvant : l’occupation temporaire comme pratique sociale et politique
La place publique, en France, n’est jamais tout à fait neutre. Elle est surface de passage, décor du quotidien, théâtre du marché, et, par à-coups, creuset d’un bouillonnement qui la dépasse : l’occupation temporaire engagée. Ce n’est ni le squat, ni la simple manifestation. C’est le surgissement, parfois furtif, d’espaces de débat, de création, de résistance ou d’entraide, qui reconfigurent, le temps d’un week-end ou d’une saison, la grammaire de la rue. Entre l’amphithéâtre en plein air de Nuit Debout, les campements climate camps, l’installation d’ateliers associatifs, la fête populaire pleine de bannières peintes à la main – chaque place rejoue son histoire, de la Révolution à nos luttes écologistes ou antifascistes actuelles.
L’occupation temporaire engagée, ou comment la ville se rappelle à elle-même qu’elle est aussi un bien commun. Mais sous quelles formes se réinvente-t-elle, entre encadrement municipal et inventivité militante ?