Quels modèles d’engagement et d’innovation se dessinent sur ces terrains ?
Co-construction avec les habitants
Une caractéristique centrale de ces expériences est l’importance du faire-ensemble. Les associations ne viennent pas « greffer » un modèle, mais cherchent à répondre à des besoins diagnostiqués avec et par les habitant·es. On voit émerger notamment :
- Des ateliers de concertation ouverts à tou·tes (par exemple, pour dessiner collectivement des usages pour une friche libérée).
- Des initiatives d’éducation populaire hors les murs, telles que la création de conseils de quartier autogérés ou l’organisation de marchés solidaires.
- Des chantiers participatifs : jardins partagés, récupération de matériaux, construction de mobiliers urbains recyclés (cf. les dispositifs d’urbanisme transitoire à Marseille ou Lyon).
Réponses hybrides à des besoins complexes
Les associations expérimentent, dès lors que les institutions classiques ne suffisent plus à contenir la complexité sociale des quartiers réhabilités. Quelques domaines concernés :
- Logement : gestion associative de centres d’hébergement temporaire (plus de 600 places créées sur certains sites parisiens, source : Plateau Urbain/Batiactu)
- Alimentation : ouverture de cuisines collectives solidaires, jardins maraîchers de quartier, AMAP sociales (50 % d’entre elles se situent dans des zones urbaines défavorisées, source : Réseau AMAP Île-de-France).
- Cultures et droits : médiation culturelle, accompagnement d’accès aux droits, organisations de festivals citoyens qui mobilisent plusieurs milliers de personnes (cf. le Festival des Alternatives dans le quartier du Mirail à Toulouse).
L’expérimentation institutionnelle et le droit à la ville
Face à la crise du logement, à la raréfaction des équipements publics ou à la marchandisation croissante de l’espace, ces quartiers deviennent le terrain de la revendication du droit à la ville (Lefebvre, 1968). Les démarches d’urbanisme transitoire encouragées par les mairies (Paris, Nantes, Bordeaux) valident la légitimité de solutions alternatives éphémères, voire les généralisent.
À Paris, selon l’Atelier Parisien d’Urbanisme (APUR), plus de 70 sites ont été mis temporairement à disposition d’associations entre 2017 et 2023.