Au commencement, l’espace reprend souffle : histoires en marge de la ville
La nuit tombe à République, mais la place tourne encore, vibre sous les pas des silhouettes rassemblées. Depuis quelques années, les places publiques françaises se font le théâtre d’occupations temporaires inédites. On pense naturellement à Nuit Debout (2016), au frémissement du mouvement climat sur les places lyonnaises, à la Place du Bouffay à Nantes remise en jeu par la mobilisation anti-pass sanitaire (Politis, 2021), ou encore à la Fête à Macron devant l’Assemblée. Ces espaces, libérés soudain de l’usage défini par la mairie ou la police, deviennent des enceintes d’expérimentation politique, sociale et relationnelle.
Or l’occupation n’est pas l’unique fait de l’urgence revendicative ou du désir de « bloquer » : elle est aussi tentative d’inventer, même fugacement, de nouvelles manières d’habiter la ville, de s’organiser et de faire démocratie. Quels usages, alors, ces occupations tissent-elles dans le quotidien partagé ?