Des expériences à taille humaine qui bousculent les codes
Parmi une multitude de tentatives, certains lieux et démarches sont devenus emblématiques, parce qu’ils interrogent radicalement la relation au territoire, au temps et au collectif.
Saillans : une commune qui réinvente la démocratie
Depuis 2014, Saillans fait figure de pionnière avec son système de “gouvernance collégiale” (France Culture, 2022). Exit le maire tout-puissant : de grands groupes de travail planchent sur chaque projet, chaque décision importante est discutée lors d’“ateliers citoyens”, les élu·es n’ont qu’une voix parmi d’autres. Cet “atelier de démocratie réelle” a inspiré plus de 80 villages tentés par une gouvernance collective, selon les chiffres du Collectif Démocratie Ouverte.
L’Arbre de Vie à Tramayes (Saône-et-Loire) : la ferme devient pont
Ancienne exploitation laitière reprise en coopérative (Scic), L’Arbre de Vie accueille chaque année une centaine de bénévoles, mais aussi des chantiers participatifs, fêtes de quartier, débats post-moisson ou assemblées de résidents. L’espace est structuré pour que tout le monde puisse proposer un événement ou une expérimentation, et la propriété est collective. Cette “forme en archipel” favorise la rencontre intergénérationnelle, tellement rare aujourd’hui hors du cercle familial.
Du ZADisme à l’autonomie solidaire
Les villages repeuplés par les ancien·nes de la Zad de Notre-Dame-des-Landes ou de Sivens (Beaumont-de-Lomagne) ont essaimé l’idée que s’organiser, c’est d’abord occuper et “prendre soin du terrain”. Ce sont souvent des lieux hybrides : la ferme-refuge, l’atelier-auto-géré qui sert aussi de salle de réunion, la forêt qui devient école. Des solidarités se tissent au quotidien pour partager véhicules, outils, travail ; parfois, ce sont des réseaux d’entraide pour l’accès aux droits, la santé mentale, l’aide alimentaire.