Les rassemblements associatifs, catalyseurs d’utopies concrètes
D’une année à l’autre, sous divers acronymes, des centaines de collectifs s’activent pour faire vivre, dans la cité, des espaces de démocratie directe, des zones de rencontres inespérées, des parenthèses où la fête et la revendication cheminent ensemble. Rassembler en ville, c’est risquer la friction, embrasser l’imprévu, forcer la porte de l’espace public. Mais c’est, surtout, fabriquer à même l’asphalte de petites utopies très concrètes.
Les archives orales, les enregistrements vidéo et les récits publiés de ces événements montrent une broderie d’inventions sociales et de bricolages logistiques, comme lors du Festival des Utopies Concrètes (Paris, 2012-2017), où se sont testés les premiers ateliers publics de réparation de vélos, les “cantines collectives à prix libre” qui se sont exportées ensuite à Belleville, Nantes ou Avignon, ou la création sur le vif de cartes collaboratives pour redistribuer les invendus alimentaires (voir convergence-des-luttes.org).
- Des pratiques de gouvernance éphémère : Conseil de Quartier ouvert, AG de trottoir, process de décision au consensus sur la Place publique.
- Une contagion d’initiatives locales : créations de jardins partagés, “brigades de nettoyage” féministes, occupations artistiques de friches en centre-ville.
- Des formats inédits : jeux coopératifs, projections en plein air suivies de débats citoyens, “balades urbaines” menées par des habitantes sur l’histoire invisible du quartier.
Il en reste souvent des traces légères, mais ces inventions sociales diffusent lentement dans la ville et transforment, subrepticement, les modes d’habiter ensemble.