Observer la marée : hausse, stagnation ou reflux du public ?
L’histoire des festivals alternatifs n’est pas celle d’une croissance linéaire. Les données disponibles, bien que fragmentaires, livrent une chronologie en zigzag, étroitement liée à la conjoncture sociale, aux contextes sanitaires et aux dynamiques internes de l'autogestion. On note :
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Un essor assez marqué dans les années 2010 : La décennie a vu un foisonnement de nouveaux rendez-vous et une fréquentation en hausse. Selon le CNM (Centre National de la Musique), certains événements autogérés ont doublé leur public entre 2012 et 2019, à l’image du festival BAM! ou du Festif, avec +50 % de passages sur cinq ans (source : CNM, rapport 2021).
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Un coup d’arrêt dû à la pandémie : L’année 2020, avec l’annulation massive liée à la COVID-19, a engendré une division par quatre à sept de la fréquentation (Observatoire des Festivals - France Festivals, 2021).
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Des reprises en dents de scie : L’année 2022 affiche des volumes proches (mais non égaux) à 2019, avec un retour timide des habitué·es et une affluence plus locale.
À noter : nombreux sont les festivals qui, après la pandémie, ont affiché « complet » tout en limitant délibérément leur jauge, dans une recherche de nouveaux équilibres (source : Mediapart, « Festivals alternatifs et limites désirées », 2022).