Faire germer les utopies : quand les villes se relient par la marge
Qu’avons-nous vraiment en commun entre Marseille, Paris, Nantes, Lille, Bordeaux, Lyon ou Strasbourg ? À la surface, l’agitation familière des métropoles françaises, leurs flux ininterrompus, leurs murs saturés d’affiches déjà défraîchies. En dessous, un autre réseau pulse doucement. Là où le béton laisse parfois la place à des friches, des locaux associatifs, des cafés autogérés, des squats, ou des lieux d’expérimentation sociale – certains discrets, d’autres célèbres – mais tous vivants d’une constellation souterraine de liens activistes et conviviaux.
Faire germer l’utopie, c’est tisser ces liens. Au fil des dernières années, les réseaux de lieux militants se sont développés entre les grandes villes françaises, portés par des mobilités nouvelles, des besoins de solidarité et une exigence de radicalité collective. Ces réseaux, longtemps atomisés, trouvent aujourd’hui, face aux crises climatiques, sociales, démocratiques, leur raison d’être chaque jour renouvelée.