Transformation de l’engagement dans les années 2000 : entre explosion et précarité
À partir des années 2000, l’engagement bénévole en festivals militants connaît une mutation profonde, marquée par une massification mais aussi une précarisation de certaines tâches. Plusieurs études, notamment celle de France Bénévolat (rapport 2013 et 2022), chiffrent un double mouvement :
- Une augmentation du nombre de bénévoles ponctuels, souvent pour un festival unique (près de 54% des 15-35 ans déclarent avoir été bénévoles pour des événements culturels ou militants au moins une fois dans la décennie 2000-2010)
- Une baisse de l’ancienneté moyenne de l’engagement bénévole, mais une diversification des profils : étudiants, retraités urbains, personnes issues des ex-réseaux squats et ZAD, jeunes migrantes…
Cette dynamique se lit aussi dans le déploiement d’outils numériques : forums, tableaux partagés, compagnonnage sur Facebook ou Slack dès 2007. Cela facilite le recrutement mais déplace aussi la question : le bénévole n’est plus seulement un individu passionné, mais parfois une ressource logistique dans des événements à fort enjeu politique et économique (ex : Alternatiba, Marche des Fiertés, Fête de l’Humanité…).
Sur le terrain, la critique n’est pas absente. Au festival No Logo (créé en 2013), la coordination bénévole (près de 1400 personnes en 2023 pour moins de 50 salariés) fait régulièrement l’objet de débats sur la surcharge de travail, la frontière entre militantisme et « travail déguisé » (source : enquête de Mediapart, 2023).