Racines et éclosion : pourquoi l’autogestion s’invite à la campagne
Dans les vallées aux villages clairsemés, sur les plateaux désertifiés et derrière les hangars délabrés, il arrive que surgisse une ruche inattendue. Ces dernières années, les espaces autogérés se multiplient en milieu rural. Non pas par hasard. La France des campagnes, longtemps considérée comme une terre en déshérence ou résistante à toute effervescence politique, se révèle un terreau discret mais fertile pour ceux et celles qui veulent construire l’ailleurs, ici et maintenant.
Selon le recensement partiel de l’Atelier d’écologie politique de Toulouse, près de 180 lieux collectifs autogérés, qu’ils soient squats, fermes associatives, initiatives land art ou chantiers d’habitat partagé, ont essaimé sur tout le territoire rural durant la dernière décennie (source : AEPT, 2022). Derrière ces expériences, le refus du bétonnage et des zones logistiques, l’urgence climatique, le sentiment d’abandon de services publics, mais surtout une soif de “faire autrement” à échelle humaine et expérimentale.