Le renversement des possibles : pourquoi investir une friche agricole ?
Une terre nue, marquée par l’abandon. Des murs fissurés, des barbelés rouillés, des hectares d’herbe folle qui semblent murmurés par le vent et par l’histoire de mains laborieuses. Les friches agricoles, tout autour des villes et villages, forment ce paysage de latence et d’attente. Pourtant, depuis quelques années, sur ces parcelles oubliées, une vie neuve s’invente souvent en dehors des circuits institutionnels et marchands.
En France, selon l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME), on comptait déjà en 2018 plus de 90 000 sites potentiellement pollués ou abandonnés, dont une part significative issue du monde agricole. Aux abords des zones périurbaines, ces friches sont l’objet de luttes, de rêves et d’initiatives. L’ambition : faire émerger des espaces autogérés, à la croisée des cultures, de la politique, de la solidarité et de l’écologie, témoignant d’un refus de la dépossession et de la spéculation foncière (source : ADEME, 2018, “L’inventaire national des sites pollués et potentiellement pollués”).